Le mot du président

 

C’est un grand honneur pour moi de prendre cette année la présidence de la Société de Neuropsychologie de Langue Française (SNLF). Je suis membre de la SNLF depuis de nombreuses années et j’ai toujours été très attaché à cette société pour plusieurs raisons. La première est que la SNLF est la seule société francophone à réunir en son sein des professionnels d’horizons très variés se retrouvant autour du thème de la neuropsychologie. La co-existence dans notre société de chercheurs dans le domaine des sciences cognitives, et de cliniciens d’horizons très variés (psychologues, orthophonistes, ergothérapeutes, neurologues, médecins de MPR, liste non exhaustive…) est une grande richesse.

En effet, la neuropsychologie est par définition une discipline se situant à l’interface de plusieurs champs, et nous avons besoins de ces éclairages variés. Les sciences cognitives ont effectué des progrès impressionnants depuis une vingtaine d’années, ne serait-ce que par les progrès majeurs dans le domaine de l’imagerie cérébrale. Des questionnements théoriques nouveaux sont apparus et sont aujourd’hui incontournables, tel que, par exemple, le champ de la cognition sociale. Mais ces progrès dans les connaissances auraient un intérêt limité s’ils ne permettaient pas d’enrichir les pratiques des cliniciens. Les cliniciens doivent alerter les chercheurs sur les questionnements auxquels ils sont confrontés dans la prise en charge de leurs patients pour orienter leurs travaux. A l’inverse, les progrès des connaissances théoriques doivent permettre de mieux orienter les prises en charge des patients, en apportant aux cliniciens des concepts et des outils plus performants, tant pour l’évaluation de leurs patients que pour leur traitement. La rééducation cognitive est en effet aujourd’hui devenue un centre d’intérêt et de recherche essentiel dans notre discipline, qui se traduit par un nombre croissant de publications de haut niveau scientifique.

La SNLF a une double vocation. Celle d’être un lieu d’échange scientifique, à l’occasion de congrès (en hiver et au printemps) au cours desquels les chercheurs et leurs étudiants peuvent présenter et discuter leurs travaux. Et celle d’être un lieu de formation, de pédagogie et d’échange entre professionnels. C’est le rôle du forum annuel, qui a toujours beaucoup de succès, mais aussi des ateliers et workshops organisés en marge des congrès scientifiques. Il me semble important de maintenir cette dualité qui permet aussi aux cliniciens et aux chercheurs d’échanger et de confronter leurs expériences.

La SNLF, qui réunit les différents pays de la francophonie (France, Belgique, Suisse, mais aussi Canada et au-delà), s’est ouverte ces dernières années vers nos collègues internationaux. Nous sommes ainsi associés au congrès de la Fédération des Sociétés Européennes de Neuropsychologie (FESN), et nous ne pouvons qu’encourager les membres de la SNLF à participer activement à ces congrès qui permettent de mieux faire connaitre nos travaux dans la communauté internationale.

Je souhaite donc, en débutant ce mandat, que la SNLF continue d’assurer ces missions, et de réunir le plus largement possible tous les professionnels, chercheurs, cliniciens, et étudiants, afin de faire vivre et rayonner la neuropsychologie francophone.

Philippe Azouvi

Président de la SNLF