Présentation

Fabienne ColletteEn cette année 2015, si je devais faire un retour sur les changements survenus dans le domaine de la neuropsychologie depuis que j’ai découvert cette discipline durant mes études de master en psychologie (qui remontent à la dernière décennie du siècle précédent, ou, dit plus simplement les années 1990), je ne peux qu’être impressionnée par les développements qui ont été réalisés sur une période finalement assez courte. En effet, de nombreux modèles théoriques portant sur tous les domaines de la cognition ont été proposés, approfondis, critiqués et reformulés (cela, au grand désespoir de nombreux étudiants je pense). Par ailleurs, la méthode initiale de la neuropsychologie, consistant en l’exploration des troubles cognitifs suite à la survenue de lésions cérébrales diverses, s’est progressivement enrichie d’une approche multidisciplinaire (parfois regroupée sous la terminologie de neurosciences cognitives) intégrant les outils de la neuroimagerie cérébrale (en ce compris l’électrophysiologie ou l’utilisation de radio-traceurs), de la biologie (par exemple, les bio-marqueurs des états pré-démentiels), et, beaucoup plus récemment, de la génétique comportementale. Par ailleurs, la neuropsychologie s’est également ouverte à l’étude de nouveaux domaines, tels que les processus émotionnels ou la cognition sociale, et elle s’est également intéressée à de nouvelles populations relevant plutôt de la sphère psychopathologique (par exemple les troubles obsessionnels-compulsifs, la schizophrénie, les troubles bipolaires ou l’autisme, pour n’en citer que quelques-uns).

Outre l’approfondissement de nos connaissances théoriques, ces avancées ont permis la mise en place d’outils de plus en efficaces pour le diagnostic et la prise en charge des patients. De façon particulièrement intéressante, cette meilleure compréhension et réhabilitation de populations très variées, a conduit au développement, aux côtés des structures d’évaluation et de prise en charge traditionnelles, de structures spécifiques à certaines pathologies telles que par exemple les unités pour traumatisés crâniens, les consultations mémoire, les unités d’épileptologie, de mouvements anormaux et de sclérose en plaques.

Dans le domaine de l’enseignement, ces évolutions aussi bien cliniques que fondamentales viennent enrichir le programme déjà large des différents masters de neuropsychologie, des diplômes d’université ou des formations médicales et en orthophonie indispensables pour former tant les futurs professionnels du domaine de la santé que les chercheurs. Enfin, comment ne pas évoquer le contexte global socio-économique et réglementaire qui imprime progressivement sa marque, avec des nuances selon les pays, modifiant ainsi progressivement les modalités de l’ensemble des pratiques.

La Société de Neuropsychologie de Langue Française, de par la coexistence harmonieuse en son sein de chercheurs fondamentaux en neurosciences cognitives et de cliniciens, de psychologues, médecins et orthophonistes, a joué un rôle central dans cette évolution, en servant de catalyseur et d’espace privilégié au sein duquel ont été présentés et discutés les travaux novateurs précisant les grandes fonctions cognitives, leurs approches conceptuelles et modélisations, leurs processus et architectures, ainsi que leurs bases anatomiques. Notre société a également permis de rassembler les personnes ressources nécessaires à l’élaboration, la validation et la normalisation de nombreux outils utilisés maintenant en routine clinique. A ce titre, notre société est unique en ce qu’elle réunit les acteurs indispensables à la pratique et à la recherche clinique, à la recherche fondamentale et à la recherche translationnelle.

A l’aube de cette nouvelle présidence, je ne peux que souhaiter que les prochaines années voient notre Société poursuivre son développement, et toucher de plus en plus de personnes confrontées à des problématiques neuropsychologiques pour diverses raisons. Je pense ici notamment aux étudiants, aux patients et/ou à leurs proches. Dans cette perspective, le site de la Société apparait comme un outil privilégié de discussion, de contact et de partage d’informations. Un des objectifs des deux prochaines années sera donc de rendre ce site encore plus attractif par l’ajout de nouvelles rubriques plus interactives et dynamiques. Je pense par exemple à la création récente d’une page facebook, aux possibilités d’interactions plus grandes avec les différents clubs, à la création d’un site intranet réservé aux membres et permettant un échange plus aisé d’informations diverses.

Je termine donc en vous rappelant que cette Société est la vôtre, et que votre participation active à la vie de la SNLF (sous quelque forme que ce soit) ne peut qu’être bénéfique à son développement futur. N’hésitez donc pas à vous impliquer dans les clubs, à participer aux réunions et à la faire connaitre à vos collègues. L’adhésion et l’implication du plus grand nombre sera en effet un des piliers de notre réussite et du poids que nous pourrons avoir auprès des instances décisionnelles.